« Les fabricants de produits alimentaires peuvent ajouter davantage d’ingrédients sains. En innovant dans les produits alimentaires par l’ajout de légumes, de fruits et de céréales complètes comme ingrédients, les consommateurs obtiennent automatiquement plus de nutriments sains », explique Michael Sels, diététicien en chef de l’hôpital universitaire d’Anvers. « L’important, c’est que les produits plaisent aux consommateurs »
« Bien sûr, mon rôle ici à l’hôpital est curatif. Lorsqu’un patient est confronté à une maladie et qu’il a besoin d’un traitement, nous lui proposons un régime alimentaire adapté », explique Michael Sels, diététicien en chef de l’UZA. « Dans de nombreuses pathologies (maladies, ndlr), nous savons qu’un patient se rétablit mieux et plus vite s’il est mieux nourri. » M. Sels tente d’intervenir dans le débat sur la prévention des maladies.
Il est convaincu que la nutrition pourrait jouer un rôle beaucoup plus important à cet égard. La volonté est là. « La nutrition est devenue par certains côtés une sorte de nouvelle religion. Et comme dans toutes les religions, il y a des prophètes et des écrits sacrés, puis il y a des extrémistes. Et il me semble que dans la religion alimentaire aussi, il nous faut combattre ces derniers », pointe M. Sels. « Les opinions doivent être testées à l’aune des connaissances scientifiques. »

Éducation à l’alimentation
« Un autre défi de taille est l’amélioration des connaissances en matière d’alimentation. Lorsque je parle aux gens et aux patients de ce qu’ils peuvent faire eux-mêmes en matière de prévention, je leur dis que les légumes, les fruits et les céréales complètes sont bons pour l’organisme. Je ne vois jamais personne tomber de sa chaise quand je dis cela. Les gens savent très bien que les légumes, les fruits et les céréales complètes sont bons pour la santé. Mais si nous examinons les chiffres et la dernière enquête sur la consommation alimentaire, nous constatons que nombreux sont ceux qui n’y parviennent pas. Seuls 5 % des Belges respectent les recommandations nutritionnelles en matière de légumes et 10 % consomment suffisamment de fruits », explique M. Sels.

Innovations en matière de produits
Selon M. Sels, c’est là que réside la chance à saisir pour les entreprises alimentaires : une évolution vers un régime alimentaire plus sain en ajoutant des fruits, des légumes et des fibres aux produits alimentaires, qui ne sont pas seulement savoureux mais aussi alléchants. Cela permettrait d’inverser la vapeur. « Depuis plus de 25 ans, les consommateurs entendent et lisent ce qui n’est pas bon dans leur alimentation. Dans les années 1990, on pointait du doigt le cholestérol, les acides gras trans. Puis cela a été le tour des glucides provenant des pommes de terre, des pâtes et du pain. »
Marketing
Cependant, en ce qui concerne les innovations de produits, telles que les wraps ou les pâtes, les crêpes, la viande hybride avec des légumes et/ou des fibres, les entreprises n’en sont pas encore là, poursuivit M. Sels. « Les entreprises alimentaires vont devoir collaborer avec de nombreuses parties et vice-versa. Le gouvernement n’est pas le seul à édicter des règles, comme l’interdiction des distributeurs de boissons gazeuses dans les écoles ou la promotion du Nutri-Score. Nous avons également besoin de spécialistes du marketing qui placent les produits sains en tête de leurs campagnes. Pour convaincre les consommateurs que faire des choix plus sains peut aussi être ludique, délicieux, innovant et facile. »

Commerce de détail
Sels s’intéresse également au commerce de détail. « À ma grande surprise, je constate que dans les rayons des produits céréaliers, la proportion de produits à base de farine complète est beaucoup plus faible que celle des produits à base de farine blanche. En outre, ces produits, comme les crackers, les pâtes ou les céréales pour petit-déjeuner, sont placés bien plus bas dans les rayons. L’industrie devrait essayer d’accroître la visibilité de ces produits, afin qu’ils soient mieux perçus par les consommateurs. »
Une alimentation saine n’est plus une niche, mais une nouvelle norme. Selon Azelis, aujourd’hui, les consommateurs attendent plus que le goût et la valeur nutritionnelle de base. Ils recherchent des produits présentant des avantages fonctionnels démontrables, qui favorisent leur bien-être et dont la composition et l’origine sont transparentes.
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